Il fallait bien que cela arrive un jour et nous en parlions justement avec des amis l'autre soir. Nous étions en voiture en ville, dans une des avenues principales de Mombasa, Digo road, lorsque nous voyons un policier debout, au milieu de la route, face à nous, le bras levé nous demandant de nous arrêter. David ralentit et s'arrête. Le policier nous demande si nous avons vu le feu et nous informe que nous venons de griller le feu rouge, que c'est une infraction grave et que son collègue (invisible pour nous) l'a vu aussi.
Sans que nous ayons le temps de dire ouf, il dit : 'Je monte, on va au tribunal où vous serez jugé.' Surpris, nous ouvrons et le policier s'installe à l'arrière et nous demande de démarrer. Je lui demande de nous donner des indications car nous ne savons pas où est le tribunal. Nous n'en menons pas large et sommes un peu en colère aussi. Il commence à nous faire la leçon sur la dangerosité d'une telle imprudence lorsqu'il remarque un sac plastique avec des bouteilles de bière vides (ici les bouteilles sont consignées et nous étions en route pour les ramener au supermarché). 'Vous avez bu ? C'est ça ?' nous lance-t-il. 'Je vais mettre votre comportement sur le compte de l'alcool alors.' Il ne manquait plus que ça. Nous protestons et expliquons la situation (qu'il connaît très bien mais dont il profite à fond).
Nous tombons dans un embouteillage, dévions notre chemin et le policier est toujours en train de nous faire la leçon, nous disant qu'au tribunal, nous aurons une amende d'au moins 5000 shillings. Puis au bout d'un moment, voyant que nous ne réagissons pas, il demande : 'Alors on va au tribunal ou vous voulez qu'on résolve le problème ici.' David prend la perche qui nous est tendue et accepte de régler le problème ici. Il attend cependant que le policier nous donne son prix. Au bout d'une ou deux tergiversations, il nous propose de payer 2000 shillings pour qu'il oublie l'affaire. Nous acceptons vite fait et redéposons le policier là où il est monté.
En colère de s'être retrouvé dans cette situation, nous pestons d'avoir été entraîné dans ce système si pervers. Le pire c'est qu'à cause de la lumière, nous n'avons pas vu si le feu était rouge ou non. Avec un peu de recul, nous réalisons que c'est vendredi et que le policier était sans doute à la recherche d'argent de poche pour le week-end : en voyant arriver deux mzungus dans un 4x4, il a trouvé sa proie idéale ! Le plus frustrant est la leçon de morale qu'il nous a faite en faisant promettre à David qu'il ne grillerait plus de feux rouges parce que c'était dangereux. Quand on voit comment la majorité des kényans conduisent, et le nombre de situations dangereuses dans lesquelles nous nous sommes trouvé à cause de cela, c'est rageant !
It had to happen one day and we were precisely talking about it the other evening with friends. We were in our car, in town, on one of the main roads of Mombasa, Digo Road, when we saw a policeman standing in the middle of the road, facing us, with his arm raised, asking us to stop. David slowed down and stopped. The policeman then asks us if we saw the traffic light and informs us we didn't stop at a red light, which is a very serious offence and that his colleague (invisible to us) has also seen it.
In no time, he says: 'I'm coming in your car, we're going to the court where you'll be judged.' Surprised, we open and the policeman climbs at the back of the car and asks us to drive on. I ask him to give us directions as we don't know where the court is. We're not feeling too good and are angry as well. He starts lecturing us on how dangerous such a mistake is when he notices a plastic bag containing empty beer bottles (here you pay a deposit for bottles that you recover when you bring the bottles back to the stores and we were on our way to the supermarket). 'Did you drink? That's it?' he throws at us. 'I will put this silly behaviour on account of the drink you had'. That's all we needed. We protest and explain the situation (which he knows anyway but takes advantage of as much as he can).
We get stuck in a traffic jam, divert from our route and the policeman is still lecturing us, saying that in court, we would get fined for at least 5000 shillings. Then after a while, seeing that we don't react, he asks: 'So are we going to the tribunal or do we settle the matter here.' David takes the hint and accepts to settle here. He waits for the policeman to give us his price. After some more towing and throwing, he offers us to pay 2000 shillings to forget about the matter. We quickly accept and drop the officer where he first got into the car.
Mad to have found ourselves in that situation, we are angry to have been dragged into that perverse system. The worse is that because of the light, we didn't seen if the light was really red. After having cooled down a bit, we realise that it is Friday and the policeman was after some pocket money for the weekend: seeing two mzungus in a 4x4, he found his perfect target! The most frustrating was the moralistic lecture he gave us, making David promise that he will never again go through a red light because it could be so dangerous. When we see how the majority of Kenyans drive and the number of dangerous situations we found ourselves in as a result, it is infuriating!
Note: Le dessin est d'un caricaturiste Kenyan qui publie chaque jour un dessin dans un des quotidiens nationaux du Kenya.
Note: The drawing is from a Kenyan caricaturist that is published everyday in one of the national Kenyan newspapers.
Sans que nous ayons le temps de dire ouf, il dit : 'Je monte, on va au tribunal où vous serez jugé.' Surpris, nous ouvrons et le policier s'installe à l'arrière et nous demande de démarrer. Je lui demande de nous donner des indications car nous ne savons pas où est le tribunal. Nous n'en menons pas large et sommes un peu en colère aussi. Il commence à nous faire la leçon sur la dangerosité d'une telle imprudence lorsqu'il remarque un sac plastique avec des bouteilles de bière vides (ici les bouteilles sont consignées et nous étions en route pour les ramener au supermarché). 'Vous avez bu ? C'est ça ?' nous lance-t-il. 'Je vais mettre votre comportement sur le compte de l'alcool alors.' Il ne manquait plus que ça. Nous protestons et expliquons la situation (qu'il connaît très bien mais dont il profite à fond).
Nous tombons dans un embouteillage, dévions notre chemin et le policier est toujours en train de nous faire la leçon, nous disant qu'au tribunal, nous aurons une amende d'au moins 5000 shillings. Puis au bout d'un moment, voyant que nous ne réagissons pas, il demande : 'Alors on va au tribunal ou vous voulez qu'on résolve le problème ici.' David prend la perche qui nous est tendue et accepte de régler le problème ici. Il attend cependant que le policier nous donne son prix. Au bout d'une ou deux tergiversations, il nous propose de payer 2000 shillings pour qu'il oublie l'affaire. Nous acceptons vite fait et redéposons le policier là où il est monté.
En colère de s'être retrouvé dans cette situation, nous pestons d'avoir été entraîné dans ce système si pervers. Le pire c'est qu'à cause de la lumière, nous n'avons pas vu si le feu était rouge ou non. Avec un peu de recul, nous réalisons que c'est vendredi et que le policier était sans doute à la recherche d'argent de poche pour le week-end : en voyant arriver deux mzungus dans un 4x4, il a trouvé sa proie idéale ! Le plus frustrant est la leçon de morale qu'il nous a faite en faisant promettre à David qu'il ne grillerait plus de feux rouges parce que c'était dangereux. Quand on voit comment la majorité des kényans conduisent, et le nombre de situations dangereuses dans lesquelles nous nous sommes trouvé à cause de cela, c'est rageant !
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It had to happen one day and we were precisely talking about it the other evening with friends. We were in our car, in town, on one of the main roads of Mombasa, Digo Road, when we saw a policeman standing in the middle of the road, facing us, with his arm raised, asking us to stop. David slowed down and stopped. The policeman then asks us if we saw the traffic light and informs us we didn't stop at a red light, which is a very serious offence and that his colleague (invisible to us) has also seen it.
In no time, he says: 'I'm coming in your car, we're going to the court where you'll be judged.' Surprised, we open and the policeman climbs at the back of the car and asks us to drive on. I ask him to give us directions as we don't know where the court is. We're not feeling too good and are angry as well. He starts lecturing us on how dangerous such a mistake is when he notices a plastic bag containing empty beer bottles (here you pay a deposit for bottles that you recover when you bring the bottles back to the stores and we were on our way to the supermarket). 'Did you drink? That's it?' he throws at us. 'I will put this silly behaviour on account of the drink you had'. That's all we needed. We protest and explain the situation (which he knows anyway but takes advantage of as much as he can).
We get stuck in a traffic jam, divert from our route and the policeman is still lecturing us, saying that in court, we would get fined for at least 5000 shillings. Then after a while, seeing that we don't react, he asks: 'So are we going to the tribunal or do we settle the matter here.' David takes the hint and accepts to settle here. He waits for the policeman to give us his price. After some more towing and throwing, he offers us to pay 2000 shillings to forget about the matter. We quickly accept and drop the officer where he first got into the car.
Mad to have found ourselves in that situation, we are angry to have been dragged into that perverse system. The worse is that because of the light, we didn't seen if the light was really red. After having cooled down a bit, we realise that it is Friday and the policeman was after some pocket money for the weekend: seeing two mzungus in a 4x4, he found his perfect target! The most frustrating was the moralistic lecture he gave us, making David promise that he will never again go through a red light because it could be so dangerous. When we see how the majority of Kenyans drive and the number of dangerous situations we found ourselves in as a result, it is infuriating!
Note: Le dessin est d'un caricaturiste Kenyan qui publie chaque jour un dessin dans un des quotidiens nationaux du Kenya.
Note: The drawing is from a Kenyan caricaturist that is published everyday in one of the national Kenyan newspapers.
